Hitwest, la 1ère radio dans l'OuestEcoutez Hitwest, la 1ère radio dans l'Ouest

Stress, dépression : des idées fausses et dangereuses Saint-Brieuc Côtes-d'Armor

la dépression déséquilibre biochimique du cerveau?

Entreprises Locales

Pour toutes informations relatives à cette page, contactez toutlocal.fr.
Etre Et Devenir
02 96 73 07 77
68 Rue Sapins d'or
Plérin, CA
Elghozi Brigitte
02 96 62 04 05
3 Boulevard Waldeck Rousseau
Saint Brieuc, CA
Leclerc François
02 96 68 59 58
15 Boulevard Clemenceau
Saint Brieuc, CA
Serre Delphine
02 96 68 53 42
12 Rue Pierre Loti
Saint Brieuc, CA
THIEFFRY CHICHE CHARLOTTE
02 96 61 80 78
1 Rue Philibert Delorme
Saint Brieuc, CA
Michel Françoise
02 96 60 89 65
2 Rue Jean Jaurès
Ploufragan, CA
Nicolas Françoise
02 96 33 33 36
14 Rue Zénaïde Fleuriot
Saint Brieuc, CA
Botte Damien
02 96 63 31 94
106 Bis Rue Paul Bert
Saint Brieuc, CA
Le Bourhis Morgane
02 96 61 86 52
9 Boulevard Commune
Saint Brieuc, CA
Le Gall Renaud
09 71 43 01 14
48 Rue St Guillaume
Saint Brieuc, CA
Données fournies par:
 
Contenu fourni par:

Stress, dépression : des idées fausses et dangereuses

Après la guerre du Viêt Nam, les hôpitaux de l’armée américaine se sont trouvés face à près d’un million d’anciens soldats gravement perturbés : sans être blessés physiquement, ils étaient hantés par les souvenirs de l’horreur de la guerre, et la plupart devenaient alcooliques ou drogués pour tenter de soulager leur souffrance. Pendant des années, on a expérimenté de multiples approches pour aider ces victimes du stress extrême. Jusqu’au jour où un groupe de chercheurs a démontré que leur hippocampe cérébral – une structure essentielle du cerveau qui organise les souvenirs – avait été tellement endommagé par le stress chronique qu’il s’était atrophié. Si leurs cauchemars et leur anxiété étaient dus à une lésion du cerveau, que pouvait-on espérer de simples séances de psychothérapie ?

La démonstration d’une anomalie physique dans le cerveau de ces anciens soldats fut une malédiction. On se mit à ne plus croire à la possibilité de les soigner. Et ceux qui n’avaient pas guéri de leur voyage dans l’enfer de la guerre furent lentement abandonnés à leur sort. Vingt ans plus tard, une équipe de chercheurs hollandais a montré qu’en réalité, cette anomalie du cerveau induite par le stress n’empêche en rien la guérison des symptômes par une psychothérapie appropriée (Effects of psychotherapy on hippocampal volume in out-patients with post-traumatic stress disorder : a MRI investigation , R.J. Lindauer, E.-J. Vlieger, M. Jalink, et al., Psychological Medicine, 2005, 35 : 1-11).

Depuis deux décennies, l’industrie des médicaments psychotropes fait la promotion à travers toute la psychiatrie d’une autre idée du même type, tout aussi dangereuse : la dépression serait « d’abord » un déséquilibre biochimique dans le cerveau – un déficit en sérotonine – qu’il est possible de compenser en prenant des antidépresseurs de la famille du Prozac.

Effectivement, quelques études suggèrent que les personnes déprimées auraient moins de sérotonine que les autres. Et le Prozac et ses cousins (Zoloft, Deroxat, Seropram, etc.) font monter le taux de sérotonine dans le cerveau. Mais ces arguments sont très incomplets (entre autres parce que le Prozac agit immédiatement sur la sérotonine alors que les effets antidépresseurs mettent plusieurs semaines à se manifester). Récemment, une équipe de l’hôpital Johns-Hopkins, à Baltimore, aux Etats-Unis, a démontré qu’en réalité, l’effet des antidépresseurs n’aurait rien à voir avec l’argument marketing qui nous a été présenté depuis si longtemps : leur véritable fonction serait de permettre aux neurones de développer de nouvelles branches, et donc de créer de nouvelles connexions (Evidence that serotonin reuptake modulators increase the density of serotonin innervation in the forebrain, L. Zhou, K.-X. Huang, A. Kecojevic, A.M. Welsh, V.E. Koliatsos, Journal of Neurochemistry, 2006, 96 : 396-406).

Il se trouve que cette régénération des neurones peut être obtenue par de nombreux autres moyens que par les antidépresseurs. Par exemple, des souris adultes qui vivent ensemble et sont libres de profiter de la présence conviviale de leurs congénères voient leurs neurones se régénérer bien davantage que celles qui sont forcées de vivre seules. De la même façon, celles qui font plus d’exercice physique (même sur place, dans une petite roue) stimulent la croissance de leurs neurones. Une étude chez l’homme a aussi montré que des cadres qui pratiquent la méditation pendant deux mois réorganisent de façon durable leur cerveau en ayant changé l’équilibre entre l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche (Alterations in brain and immune function produced by mindfulness meditation, R.J. Davidson, J. Kabat-Zinn, J. Schumacher, et al., Psychosomatic Medicine, 2003, 65 (4) : 564-70). Les médicaments n’ont pas le monopole de la régénération du cerveau. Ils seraient plutôt une voie détournée pour atteindre cette régénération. Le principal stimulus serait au contraire tout ce qui est bon et sain pour l’organisme.

Lire d'autres articles sur le site de Psychologies