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Pourquoi une naissance autrement ? Angers Maine-et-Loire

Focus sur ce courant qui pourrait bien bousculer les pratiques actuelles de l’accouchement. Lisez notre article pour en savoir plus.

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Pourquoi une naissance autrement ?

L’accouchement : phénomène naturel ou situation à risque ?

Tout accouchement est différent. La manière de concevoir cet événement naturel aussi. Aujourd’hui, deux visions existent autour de la naissance, constate Claude-Suzanne Didier-Jeanjouveau, porte-parole de la Leche League, dans son ouvrage Pour une naissance à visage humain (Ed. Jouvence). La première envisage la grossesse et l’accouchement comme « des processus physiologiques, qui, sauf exception, se déroulent naturellement, et qu’il est inutile, voire nuisible, de perturber avec des gestes médicaux systématiques ». La seconde comme « une situation à risque pour la mère et le fœtus à surveiller par le biais d’examens de plus en plus nombreux ». Bref, un passage dangereux durant lequel la mère et son bébé risquent la mort.

De ces deux visions de la naissance, en découle une pratique de l’accouchement bien différente.

Le « grand jeu » de l’accouchement médicalisé

En quelques décennies, cette vision de la naissance en tant que situation à risque s’est imposée en France, au nom de la sécurité, mais parfois au détriment de l’aspect humain. Si les grossesses se suivent et ne se ressemblent pas, le protocole médical autour de l’accouchement s’est, lui, bel et bien standardisé. Partant du postulat que tout accouchement présente des risques imprévisibles, une série de gestes techniques sont ainsi pratiqués par précaution, les uns appelant les autres : touchers vaginaux toutes les heures, monitoring en continu, perfusion d’ocytocine, péridurale, épisiotomie, etc.

« Lorsque je suis arrivée à la maternité, je sentais les contractions, sans pour autant avoir mal. Puis, tout s’est enchaîné : perfusion d’ocytocine et pose de la péridurale, alors que je ne souffrais pas. Je suis restée allongée des heures, attendant que ça se passe. Après un bon rythme de dilation, le bébé a mis du temps à s’engager. Finalement, le gynécologue a sorti ciseaux et forceps, et, bien aidé par la sage-femme qui m’appuyait sur le ventre, ma fille est née. », raconte Clotilde, 28 ans, maman de Eve, 22 mois.

Tel est le « grand jeu » réservé à nombre de parturientes. Pourtant, 80% des naissances sont physiologiques (normales et sans risque) et devraient se dérouler sans intervention médicale, rappellent les statistiques. Et c'est sans compter les césariennes, dont la fréquence est passée de 10% en 1981, à 20% en 2005, et les déclenchements, qui concerneraient 20% des accouchements.

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