Marco Polo n’a pas rapporté les pâtes de Chine : leur vraie patrie est l’Italie. Elles sont représentées dans les fresques des tombes étrusques et décrites par Apicius dans le livre iv de son “Re coquinaria”.
Au XIVe siècle, racontant un banquet, Francesco Datine décrit le premier plat : des raviolis fourrés de porc haché, d’œufs, de fromage et de persil, puis frits et poudrés de sucre.
Au XVIe siècle, Bartolomeo Scappi donne des recettes de tagliatelles et de macaronis cuits dans du lait ou du bouillon, et servis avec sucre et cannelle.
Au XVIIIe siècle, on vend à Naples plus de 300 variétés de pâtes.
Si les pâtes italiennes – et particulièrement celles fabriquées dans le sud de l’Italie – sont excellentes, c’est qu’elles sont faites à la semoule de blé dur. A la différence du blé tendre qui pousse un peu partout, le blé dur ne pousse que dans certaines régions ensoleillées du globe : Canada, Argentine, Etats-Unis et bassin méditerranéen.
Pauvre en amidon et en eau, riche en gluten, le blé dur donne des pâtes d’une grande qualité, à la consistance idéale, gonflant beaucoup à la cuisson, sans jamais devenir gluantes, et d’une grande valeur nutritive (sucres lents et protéines). Ces merveilles sont faites d’un simple mélange de semoule de blé dur et d’eau, pétri, tréfilé, laminé ou moulé en toutes sortes de forme : de la petite étoile à l’énorme coquillage, en passant par les yeux de loup et autres soucoupes volantes. Des découpes variées créées pour le plaisir des yeux et du palais.
Elles recueillent une farce, retiennent ou font glisser une sauce… La forme engendre le goût et la recette : imaginerait-on d’autres pâtes que de fins spaghettis pour réaliser la recette napolitaine aglio e olio qui consiste à les rouler dans une huile d’olive parfumée avec des gousses d’ail dorées et un piment oiseau (peperoncino).
100 g de pâtes, 1,25 l d’eau, 10 g (2 cuillerées à café) de gros sel.