Magique, la caféine ? Quelques minutes à peine après avoir bu une tasse de café, nous nous sentons plus réactif, plus vigilant, plus concentré. Un vrai psychostimulant. Pourtant, nous ne réagissons pas tous de la même façon au « petit noir ». « Certaines personnes sont seize fois plus sensibles à la caféine que d’autres », explique Astrid Nehlig, directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Chez la plupart d’entre nous, la caféine accélère le rythme cardiaque de façon quasi immédiate, puis provoque une sensation de réveil dans les minutes qui suivent. Tout simplement parce qu’elle agit sur plusieurs neurotransmetteurs en même temps : elle bloque le récepteur de l’adénosine (neurotransmetteur inhibiteur), et stimule la dopamine et l’adrénaline (neurotransmetteurs de l’excitation).
La caféine est également impliquée dans la production d’endorphine, l’hormone du bien-être et du plaisir, ce qui expliquerait pourquoi nous sommes souvent accros à notre café. Certaines classifications des aliments n’hésitent d’ailleurs pas à la ranger parmi les drogues douces ! Ce qui varie beaucoup d’une personne à l’autre, c’est son influence sur les rythmes du sommeil, car tout dépend de sa capacité à l’éliminer. On a coutume de dire qu’un café pris après le dîner empêche de dormir. Physiologiquement, c’est faux : le pic d’activité de la caféine se manifeste cinq heures après sa consommation (les personnes ayant du mal à s’endormir éviteront donc d’en consommer après 18 heures).
Comment expliquer ce décalage entre l’action réelle de la caféine et l’état de nervosité que beaucoup ressentent ? La raison réside sans doute dans le fait que nous avalons plus de caféine que nous le pensons. Thé, cacao, boissons au cola, barres énergétiques… De nombreux produits de consommation courante en contiennent. Elle entre même dans la composition de certains médicaments, et, sans nous en rendre compte, nous pouvons facilement dépasser la dose maximale recommandée de trois cents milligrammes de caféine par jour pour une femme, soit l’équivalent d’un peu plus de deux tasses de café, et quatre cents milligrammes pour les hommes.
Or, au-delà de cette quantité, on a observé des effets indésirables sur la santé : insomnie chronique, angoisse persistante, grande nervosité, arythmie cardiaque. Il est donc important de bien connaître sa consommation quotidienne de caféine et de la réduire si besoin. Ce sevrage s’accompagnera sans doute de maux de tête, d’une grande fatigue et d’une forte irritabilité, mais c’est le prix à payer pour retrouver le plaisir et les bienfaits du café.
La teneur en caféine dépend de la variété et du mode de préparation. Le robusta en contient deux fois plus que l’arabica; le café filtre, environ 30% de plus que l’expresso. Et, contrairement à ce que l’on pense, il y en a plus dans le café allongé que dans le café serré : plus le contact avec l’eau se prolonge, plus la boisson se charge en caféine.
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