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Je suis hyper susceptible Saint-Nazaire Loire-Atlantique

Est susceptible celui qui est très sensible dans son amour-propre. Au cœur de cette « disposition à s’offusquer facilement » se trouve une fragilité narcissique. Selon Christophe André, psychothérapeute comportementaliste, il existe trois familles d’hypersusceptibles

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Je suis hyper susceptible

Est susceptible celui qui est très sensible dans son amour-propre. Au cœur de cette « disposition à s’offusquer facilement » se trouve une fragilité narcissique. Selon Christophe André, psychothérapeute comportementaliste, il existe trois familles d’hypersusceptibles .Les timides, qui n’ont pas une estime d’eux-mêmes suffisante ; les personnalités narcissiques, qui pensent être supérieures aux autres et avoir droit à un traitement de faveur ; et les sensitifs paranoïaques, qui se sentent persécutés. Quel que soit le profil, le résultat de cette hypersensibilité est la souffrance.

D’après Christophe André, l’hypersusceptible est confronté à trois types de problèmes. D’abord, il surveille son environnement et s’attache à découvrir tout ce qui peut évoquer le rejet ou la remise en question de ses capacités. Ensuite, il donne un sens négatif aux signaux perçus alors qu’ils sont neutres (derrière ce sourire se cache une pointe d’ironie !). Enfin, il est incapable d’utiliser des stratégies adaptées à la situation. Son attitude boudeuse et son agressivité l’empêchent de réagir efficacement.

Selon le psychanalyste Jean-Pierre Winter, l’hypersusceptibilité concerne ceux qui n’ont pas une image d’eux-mêmes suffisamment construite. « Une réflexion blessante a le pouvoir de déchirer cette image et de porter atteinte à leur identité, d’autant plus que les personnalités narcissiques s’identifient à leur “image”. A la moindre vexation, un susceptible a le sentiment de n’être plus rien. Ce qui se profile à l’horizon de la blessure narcissique, c’est la mort. » Autre point souligné par Jean-Pierre Winter : tous les reproches n’ont pas le pouvoir de blesser ; ils deviennent blessants s’ils expriment ce que s’adresse à elle-même la personne visée. « Plus l’autre appuie sans le savoir là où ça fait mal, plus la réaction est violente ! Quelqu’un qui ne se prend pas pour un égoïste se fichera d’être traité d’égoïste. En revanche, si c’est un reproche qu’il se fait inconsciemment, il en sera profondément vexé ! C’est ce sentiment d’avoir été dévoilé qui explique l’impact d’une simple parole. »

Le drame des hypersusceptibles est qu’ils n’arrivent pas à rire d’eux-mêmes. Parce qu’ils sont pétris de honte, de culpabilité et de désir d’autopunition, expliquent les psychanalystes. « Sans oublier un fort sentiment d’infériorité, précise Jean-Pierre Winter. Ou de supériorité, ce qui revient au même. Car si vous pensez être le meilleur, tout ce qui vous rappelle que vous êtes un parmi d’autres vous fait souffrir. » 

Que faire ?

Modulez vos réactions
Prêtez attention à votre fonctionnement psychique et, dès que vous vous sentez touché au vif, pratiquez la métacommunication (l’expression des émotions). Dites ce que vous percevez, exprimez ce que vous ressentez, dialoguez et demandez des explications à la personne qui vous a fait souffrir.
Tenez-vous en aux faits : « Que se passe-t-il exactement ? » « Pourquoi me dis-tu ça ? » « Que me reproches-tu concrètement ? »

Halte aux projections !
Afin de contrer votre tendance à interpréter les propos et les gestes des autres, vérifiez toujours si ce que vous avez perçu est justifié. Posez simplement la question : « J’ai l’impression que tu m’évites depuis quelque temps, est-ce que je me trompe ? »

Faites votre autoévaluation
Si votre susceptibilité vous rend la vie vraiment impossible, si votre blessure narcissique est profonde, ayez recours à un psy. En effet, seule une psychanalyse ou une psychothérapie analytique vous permettront de savoir de quoi vous vous sentez, inconsciemment, coupable et honteux. 

Conseils à l'entourage

Le repli du susceptible est une façon « inadaptée » de dire : « Je souffre car je n’ai pas été respecté ». Rétablir la communication avec lui permet de répondre à son SOS déguisé : « Depuis tel événement tu me fais la tête, tu sembles triste et ça me fait de la peine de te voir comme ça. Es-tu d’accord pour en parler ? » Ne faites pas semblant de ne rien remarquer, car vous confirmeriez votre interlocuteur dans sa conviction de ne pas compter à vos yeux… Et n’hésitez pas à pratiquer l’autodérision. Constater que l’on peut plaisanter sur soi et que l’on n’en meurt pas aide à relativiser les choses.

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