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Il ne veut pas d'enfant Saint-Nazaire Loire-Atlantique

La première fois que j’ai parlé à Sébastien de mon désir d’enfant, il a fait le sourd. La deuxième fois, il m’a lancé un sobre “Arrête tes plaisanteries, c’est pas drôle !” Au bout d’une dizaine d’offensives, il avait compris que ce n’était ni une blague ni un coup de tête, mais il persistait à m’opposer un refus franc et massif. Chaque fois qu’on croisait une femme enceinte ou une poussette, il prenait un air mi-dégoûté mi-coupable. Exaspérant ! Alors, malgré ma colère, j’ai cherché à comprendre. J’étais sûre qu’en découvrant sa peur j’arriverai à lui faire dire oui ! " Marie a eu le bon réflexe. En effet, bien des raisons peuvent expliquer qu’un homme ne désire pas être père et, conditionner la possibilité ou non de le faire changer d’avis.

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Il ne veut pas d'enfant

Des paroles pour le rassurer

Pollution, trou dans la couche d’ozone, vache folle, OGM, manque d’argent, appartement exigu, plan de carrière à construire… Tous ces arguments philosophico-matériels sont facilement déboutables. Il suffit souvent de faire comprendre au réfractaire que le plus important, pour un enfant, c’est d’être aimé. Ensuite, on dope l’optimisme du futur papa en lui affirmant que, si on l’a choisi lui, c’est parce qu’on a confiance en ses capacités à rendre un enfant heureux.

" Avec un gosse, adieu la fête et les week-ends improvisés. Se lever la nuit quand il est malade, l’accompagner tous les matins à l’école, mener une vie de bonnet de nuit, merci bien ! " Il brandit la perte irrévocable de sa liberté ? La parade est simple : convaincre que l’arrivée de bébé ne transformera pas le quotidien en enfer si l’organisation est au point. C’est ainsi que Sophie est venue à bout des résistances de Fabrice : " J’ai trouvé une nounou avant même que Théo ne soit conçu. Je lui répétais sans cesse : je suis là, on est deux à avoir un salaire, j’assumerai les frais de garde. Nos amis nous prêteront le kit complet, landau, poussette, lit à barreaux et Maxi-Cosi. Ma mère sera une “baby-sitter” dévouée et très disponible… "

Parfois, c’est le poids des responsabilités, le sérieux de la fonction qui effraient ! Les hommes dans ce cas craignent de ne pas être à la hauteur, anxieux à l’idée de " rater " l’éducation de leur enfant. Le remède ? Dédramatiser. Etre un père parfait est impossible. Puis leur laisser du temps. La peur de ne pas être un père idéal finit par passer : en mûrissant, on abandonne ses " idéaux " adolescents.

Autre motif de refus fréquent : la peur de vieillir. Martial, par exemple, faisait un blocage sur l’image du couple parental : " Pour moi, “parents” égal “M. et Mme Bidochon”. Quand Magali m’a parlé d’un enfant, j’ai paniqué. C’est puéril, je sais, mais le premier truc auquel j’ai pensé, c’est que je n’avais pas envie de vendre ma Karmann de collection millésimée 61 pour la remplacer par un monospace ! " Les solutions en cas de crise de jeunisme caractérisée ? Prouver à celui qui en doute qu’on peut devenir père de famille tout en restant jeune et branché. Citer en exemple ses copains qui ont " sauté le pas " en restant eux-mêmes ; flatter son " narcissisme " en lui signalant qu’il y gagnerait même en séduction : devant un homme et un bébé, toutes les femmes fondent littéralement…

"Je ne me sens pas encore prêt ", répètent inlassablement certains. Face à un indécis, pourquoi ne pas jouer le hasard ? Marianne l’a fait : " Je ne voulais pas forcer la main à Michel. Je lui ai proposé de laisser faire la nature. J’ai arrêté la pilule et on a attendu que l’enfant vienne sans changer quoique ce soit. Je suis tombée enceinte deux ans plus tard. Michel a accueilli ma grossesse avec joie." 

Deux cas d’époque

Beaucoup d’hommes, à l’instar de Dominique, sont méfiants envers les femmes trop pressées d’être mère : " Stéphanie m’a demandé un enfant au bout de trois mois. Je veux bien croire à la passion, mais j’ai trouvé ça louche ! Elle avait 35 ans, l’horloge biologique avançait, je me suis senti piégé. Je lui ai demandé d’attendre. " De plus en plus de femmes s’investissent à fond dans leur métier, pour se " réveiller " brutalement à l’approche de la quarantaine et paniquer…

Autre situation typique de notre époque : la culpabilité qu’éprouvent les hommes déjà pères et divorcés à l’idée de fonder une nouvelle famille. S’occuper d’un enfant alors qu’ils ne vivent pas avec ceux qu’ils ont déjà, leur paraît insupportable. Ils assimilent leur divorce à un abandon. Là encore, mieux vaut ne pas brusquer les choses. Laissez-lui le temps de faire le deuil de son premier couple et de réaliser qu’il a quitté sa femme, pas ses enfants.

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