Avant, les femmes se mariaient à 20 ans et devenaient mères très vite… Mai 1968 est passé par là. Et, pour beaucoup, avoir un enfant, aujourd’hui, ne va plus de soi ! La maternité est un choix mûrement réfléchi. « Mettre un enfant au monde est une expérience fondatrice extraordinaire, mais il y a d’autres “maternités” possibles pour une femme, d’autres créations toutes aussi passionnantes et humaines », confirme la psychanalyste Catherine Bensaïd. D’où ces hésitations, qui culminent à l’approche de la quarantaine.
L’horloge biologique crée l’urgence
Si Marion a attendu 35 ans pour se lancer dans la « grande aventure » de la maternité, c’est par amour de sa liberté : « Je travaille entre les Etats-Unis et l’Europe depuis douze ans. Je n’ai jamais eu envie d’assumer les responsabilités d’une famille. Et le spectacle attristant de mes copines coincées entre leurs problèmes de crèche et de varicelle n’a rien arrangé… Un enfant, c’est aliénant, on en prend pour la vie. Il y a de quoi retarder l’échéance ! Mais une chose est sûre, je ne veux pas regretter à 50 ans d’être passée à côté de ce bonheur par lâcheté. J’ai survécu à plusieurs cyclones, je pourrai survivre à un accouchement ! » Voilà bien une phrase inimaginable il y a encore quelques décennies.
La carrière et les études d’abord !
Certes, la réussite professionnelle exige de la disponibilité. Et la liberté, c’est important. Mais ces rationalisations, ces justifications, cachent souvent une peur inconsciente d’avoir un enfant, souligne Catherine Bensaïd : « On sent intuitivement que c’est une énorme responsabilité, un bouleversement qui va transformer sa vie. Le désir d’enfant est très ambivalent par nature, il n’y a pas à s’en sentir coupable. L’ambivalence est même rassurante pour l’enfant à venir, elle le protège d’un amour maternel trop exclusif et envahissant. Celles qui veulent absolument un enfant pour justifier leur vie, sans ambivalence du tout, lui donne un rôle trop lourd à porter. »
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