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Femme de 35 ans : ai-je vraiment envie de faire un enfant ? Nantes Loire-Atlantique

Toute femme sait qu’un jour, elle n’aura plus la possibilité de faire un enfant. Elle s’interroge alors sur le sens de sa vie. Nous sommes tous là parce qu’un homme et une femme se sont rencontrés. C’est la question de son origine, de sa mort et de sa transmission qui est posée dans ce désir d’enfantement de l’âge mûr.

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Femme de 35 ans : ai-je vraiment envie de faire un enfant ?

Avant, les femmes se mariaient à 20 ans et devenaient mères très vite… Mai 1968 est passé par là. Et, pour beaucoup, avoir un enfant, aujourd’hui, ne va plus de soi ! La maternité est un choix mûrement réfléchi. « Mettre un enfant au monde est une expérience fondatrice extraordinaire, mais il y a d’autres “maternités” possibles pour une femme, d’autres créations toutes aussi passionnantes et humaines », confirme la psychanalyste Catherine Bensaïd. D’où ces hésitations, qui culminent à l’approche de la quarantaine. 

L’horloge biologique crée l’urgence

Laurence, pétillante styliste, fait partie, à 38 ans, de ces retardataires qui se retrouvent en masse dans les consultations de PMA (procréation médicalement assistée) : « Je me suis toujours dit que j’avais le temps ! C’est ma gynécologue qui m’a ramenée à la réalité : “Vous avez bientôt 40 ans ! Qu’est-ce que vous attendez pour faire un enfant ? Qu’il soit trop tard ?” » Ce type de rappel à l’ordre peut sembler abrupt, mais la question de l’enfant finit toujours par rattraper celles qui repoussent indéfiniment l’âge de la maternité. C’est ce que constate quotidiennement Charlotte Dudkiewicz-Sibony, psychanalyste et psychologue clinicienne à la maternité de l’hôpital Tenon, à Paris : « L’horloge biologique est une réalité physiologique inéluctable qui crée une urgence particulière. Toute femme sait qu’un jour, elle n’aura plus la possibilité de faire un enfant. Elle s’interroge alors sur le sens de sa vie. »

Si Marion a attendu 35 ans pour se lancer dans la « grande aventure » de la maternité, c’est par amour de sa liberté : « Je travaille entre les Etats-Unis et l’Europe depuis douze ans. Je n’ai jamais eu envie d’assumer les responsabilités d’une famille. Et le spectacle attristant de mes copines coincées entre leurs problèmes de crèche et de varicelle n’a rien arrangé… Un enfant, c’est aliénant, on en prend pour la vie. Il y a de quoi retarder l’échéance ! Mais une chose est sûre, je ne veux pas regretter à 50 ans d’être passée à côté de ce bonheur par lâcheté. J’ai survécu à plusieurs cyclones, je pourrai survivre à un accouchement ! » Voilà bien une phrase inimaginable il y a encore quelques décennies. 

La carrière et les études d’abord !

Ce n’est un secret pour personne : aujourd’hui, la majorité des femmes travaillent et s’épanouissent professionnellement. Elles veulent faire des études, réussir leur carrière, s’installer et profiter de la vie avant de faire un bébé. Ariane, directrice de création dans une grande agence de design, illustre cette évolution sociologique. La quarantaine triomphante, élégante, sexy, sa réussite fait bien des envieux : « A 20 ans, je voulais prouver au monde entier que j’étais la plus douée ! J’ai eu du mal à m’imposer, les hommes sont persuadés d’avoir le monopole de la créativité. Ce challenge a éclipsé ma vie sentimentale. Maintenant, il me manque quelqu’un avec qui partager les fruits de ma réussite et je me sens enfin prête à assumer un enfant, financièrement, matériellement et affectivement. C’est tard, je sais, mais c’est ainsi. »

Certes, la réussite professionnelle exige de la disponibilité. Et la liberté, c’est important. Mais ces rationalisations, ces justifications, cachent souvent une peur inconsciente d’avoir un enfant, souligne Catherine Bensaïd : « On sent intuitivement que c’est une énorme responsabilité, un bouleversement qui va transformer sa vie. Le désir d’enfant est très ambivalent par nature, il n’y a pas à s’en sentir coupable. L’ambivalence est même rassurante pour l’enfant à venir, elle le protège d’un amour maternel trop exclusif et envahissant. Celles qui veulent absolument un enfant pour justifier leur vie, sans ambivalence du tout, lui donne un rôle trop lourd à porter. »

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