Que ceux et celles qui craignent de voir frapper un jour à leur porte une ribambelle d’enfants les appelant "papa" ou "maman" se rassurent ! En France, les donneurs de gamètes restent incognito. Une situation qui semble satisfaire la majorité : près de huit français sur dix se disent très attachés à l’anonymat entourant le don de sperme ou d’ovocytes.
La loi bioéthique, qui encadre le don de gamètes, interdit aussi le don direct, c’est-à-dire, entre deux individus qui se connaissent. Inutile d’envisager d’offrir vos ovocytes à votre sœur, en tout cas dans une clinique française.
… et gratuit
La législation n’autorise pas, non plus, la rémunération du don de gamètes. "En France, nous faisons appel à la solidarité et la générosité pour vaincre la stérilité ", rappelle François Thepot. Le directeur médical adjoint de l’Agence de la biomédecine refuse l’idée d’une "marchandisation" du sperme et des ovocytes.
Beaucoup de pays, eux, n’ont pas hésité. Au Danemark, par exemple, les hommes empochent entre 30 et 50 euros par don. Quand aux Espagnoles ou aux Belges, elles peuvent "vendre" leur ovules pour près de 1 000 euros !
Qui peut donner ?
Toute personne remplissant les critères suivants :
- être âgé de moins de 45 ans pour les hommes, 35 ans pour les femmes ;
- avoir déjà un enfant ;
- être marié ou en couple depuis deux ans ;
- avoir l’accord de son(a) conjoint(e).
La loi limite à dix, le nombre d’enfants issus d’un même donneur. La raison est simple : imaginez dans quelques années deux jeunes gens, issus d’un même père biologique, tomber amoureux et avoir des enfants…